Quelques éléments
d’un cours de circulation : Le non-voyant
choisissant de circuler seul se familiarisera assez
rapidement avec une technique qui a fait ses preuves
et qui deviendra peu à peu chez lui
une seconde nature.
Les plus gros efforts seront à faire sur le
travail du premier parcours, mais ensuite, les principes
restant les mêmes, les progrès seront
plus faciles sur les autres trajets.
Voici les principaux éléments d’étude
:
La maîtrise de la canne La canne blanche moderne,
qui a vraiment permis aux aveugles de devenir autonomes dans
leurs déplacements est longue,
légère; elle prolonge le sens du toucher pour
découvrir l’espace devant soi.
Le premier apprentissage est celui de la maîtrise du
maniement de cette canne. Par un balayage large, souple et
régulier, réglé sur la vitesse des pas,
elle trouve le passage libre et détecte en avant et
sur les côtés immédiats la nature des
obstacles aussi bien que les jalons choisis pour canaliser
le parcours. C’est l’instructeur qui règle
l’amplitude et la fréquence du geste, qui apprend à déceler
le trottoir à monter ou à descendre, à éviter
le poteau de signalisation ou la voiture arrêtée
sur le trottoir.
Bien maniée, la canne blanche décrit le parcours
et assure la progression.
L’orientation C’est un sens très nécessaire au non-voyant
que tous ne possèdent peut-être pas suffisamment
et qu’il faut donc développer par des exercices.
Il est alors plus facile d’intégrer l’orientation
générale de l’axe principal d’un
parcours à étudier, ou des axes successifs,
indépendamment des détails, afin d’être
mieux à même, si on se perd, de rechercher son
chemin dans la bonne direction générale.
L’analyse des carrefours Sous la direction de l’instructeur, il faut impérativement
découvrir l’organisation de chaque carrefour à franchir.
Il faut en comprendre pour chacun le principe, en situant
les voies qui s’y croisent, les sens uniques ou les
doubles sens de circulation, l’emplacement des refuges
et, quand il y en a, des feux tricolores avec leur mode de
fonctionnement pour comprendre l’alternance des flux
de voitures et traverser en sécurité.
L’étude du parcours Quand ces trois notions
: la maîtrise de la canne,
l’orientation et l’analyse des parcours sont
en bonne voie d’acquisition, la suite du travail en
est largement facilitée.
Il s’agit alors d’étudier le trajet dans
son détail, de choisir avec l’instructeur tous
les points de repères caractéristiques qui
permettront à tout moment de contrôler que l’on
est sur le bon chemin, de retenir le nombre de rues à traverser
et les endroits où l’on doit changer de direction
afin d’être capable après autant de séances
qu’il sera nécessaire, de circuler seul.
Les cannes L’idée de la canne blanche est née en
France dans les années 30 et depuis, comme le braille,
né également en France 100 ans plus tôt,
elle a fait le tour du monde et est devenue partout le signe
emblématique des aveugles.
Cette façon de montrer clairement aux autres sa propre
fragilité demande un certain courage au tout début
mais rapidement, on découvre qu’elle est une
sorte de passeport pour la courtoisie et révèle
un aspect inattendu de l’homme de la rue si souvent
pressé et bougon, subitement devenu attentionné,
aimable et patient.
C’est aux Etats-Unis, dans les années 60 que
l’on remplace la classique canne blanche en bois, à manche
recourbé, compagne d’un pas encore hésitant
et lent par la dynamique canne longue, outil de mouvement
et de mobilité.
Il en existe de nombreux modèles, pliantes ou télescopiques,
de métal plastifié ou fibre de verre mais toutes
donneront l’indépendance à qui sait les
utiliser.